Muriel la Morgane

Que ça fait mal la trahison de quelqu'un en qui on avait confiance... :(

J'avais juste envie de le dire, j'attends d'être un peu moins bouleversée pour vous raconter l'histoire... peut-être cette nuit, ou demain... Envie de prendre vos avis : je ne garantis pas que je les suivrai, mais au moins ça m'aidera à voir plus clair, enfin je l'espère.

Edit du samedi 19 juillet 2008 :  

Je dois vous dire tout d'abord que le fait de vivre seule est voulu chez moi et que je ne cherche absolument pas à tout prix à vivre avec quelqu'un, mais c'est apparemment bien difficile à croire avec la petite cervelle étriquée de certains pour qui ma générosité quand je propose mon hospitalité n'est qu'une façon comme une autre de harponner des gens, ce qui est non seulement faux mais apparaît totalement ridicule quand on me connaît bien. J'ai toujours recueilli chez moi des gens pour une durée plus ou moins longue allant d'une nuit à quelques mois, que je revoyais ou non après, et ce de façon totalement désintéressée, sans jamais rien demander en échange. J'aime ma solitude, étant très indépendante ; j'aime également la compagnie des gens, surtout de ceux que j'aime, étant très sociable, et je vous assure que les deux ne sont pas incompatibles.

Je suis surtout quelqu'un de très sentimental et j'avoue que quand je m'entends bien avec un(e) ami(e) qui vit chez moi je ne suis pas très pressée de le/la voir repartir, mais je respecte la liberté des autres autant que je tiens à la mienne et n'ai jamais attaché personne au pied de la table de ma salle de séjour... Par contre, quelqu'un de sincère que j'aime et avec qui je m'entends bien pourrait rester chez moi éternellement, j'en serais heureuse :D

La première fois que j'ai rencontré L..., c'était à un concert du groupe polonais de death metal VADER (clin d'oeil à Sothis ;-)) à l'Antipode à Rennes le 6 octobre 2006. Ma petite Sothis, si tu lis ces lignes, c'est le soir où je nous ai offert à chacune le même T-shirt VADER :D Je discutais avec Franck, un pote rencontré au Wacken l'été précédent, tellement fan de VADER qu'il les suivait partout en tournée. Elle m'a abordée, très souriante, un peu perdue apparemment. Elle venait d'arriver en France de sa Colombie natale pour faire des études et ne parlait presque pas français. Je lui ai proposé de prendre un verre avec nous en attendant le début du concert. Elle m'a laissé son adresse mail et son numéro de portable et j'ai fait de même. A la fin du concert, L... et moi avons pris le même taxi pour rentrer à nos domiciles respectifs.

Je l'ai revue plusieurs fois par la suite jusqu'à l'été suivant, au hasard de sorties dans les mêmes bars ou de rencontres dans mon quartier de Villejean où elle habitait également. Elle riait souvent, elle était d'une compagnie très agréable. A la fin du printemps 2007, elle m'a fait part de son souci par rapport à son bail qui allait prendre fin. Elle avait peu d'argent et se demandait comment trouver un autre appartement. Elle faisait alors la saison dans une entreprise des environs de Rennes où elle ramassait des tomates, ce qui est un travail fatigant. Je lui ai immédiatement proposé de l'héberger le temps qu'il fallait. Elle m'a remerciée en me précisant qu'elle était pour l'instant chez la mère d'une amie dont elle gardait les chats en son absence pendant que cette dame se trouvait en voyage à Nice, et qu'ensuite elle viendrait vivre quelque temps à la maison.

La veille de mon départ pour le Wacken début août, elle s'installait donc chez moi, ce qui m'arrangeait bien car j'allais être absente près d'une semaine et avais besoin de quelqu'un pour s'occuper de mes trois chats en mon absence, d'autant plus qu'il me fallait régulièrement faire ingurgiter des antibiotiques à mon chat Whisky qui souffrait d'une allergie, et que L... réussissait beaucoup mieux que moi cette délicate opération. Je partis donc le coeur tranquille et j'avais raison car mes chats se plaisaient bien avec elle et je retrouvai toute la maisonnée en pleine forme à mon retour :)

Au début tout alla très bien. Nous n'étions pas gênées par la présence l'une de l'autre. L... se levait tôt le matin pour aller travailler, rentrait en fin d'après-midi et se couchait tôt, tandis que je me levais et me couchais tard comme à mon habitude. L'ennui chez moi est qu'il n'y a pas de chambre d'amis et que c'est embêtant pour l'intimité : on a l'impression d'être dans le dortoir d'une colonie de vacances car je n'ai qu'une seule chambre (grande il est vrai) avec deux lits. L... et moi occupions chacune le nôtre et lorsque Gwen, un pote métalleux, a logé pour une nuit chez moi parce qu'il venait d'un peu loin pour assister à un concert de Napalm Death, je lui avais précisé d'emmener son matelas pneumatique et son sac de couchage, ce que font tous les potes qui dorment à la maison. Lorsqu'ils sont plusieurs, c'est assez comique car j'ai le chic pour tomber sur des ronfleurs ^^ Gwen, lui, ne ronflait pas ^^

La plupart du temps, L... était d'humeur très joyeuse. J'aimais bien sa compagnie et son accent. Elle mettait des "ou" un peu partout à la place des "u", m'appelait "Mouriel" ^^ et avait beaucoup de mal à prononcer le mot "purée". Elle ignorait d'ailleurs au début ce plat tout simple que je lui ai appris à faire et qu'elle aimait bien manger. Pour l'aider à faire ses devoirs de français, elle ne pouvait pas mieux tomber : je suis tellement maniaque au sujet de l'orthographe que je ne tolère même pas de faire une faute d'accent ou de tiret ^^ On piquait parfois de bonnes crises de fou rire. Elle avait naturellement un double des clés et pouvait donc vivre sa vie comme elle l'entendait. Beaucoup plus maniaque du ménage que moi, l'appart était nickel bien que je ne l'aie jamais obligée à faire quoi que ce soit dans ce domaine : c'était son choix. Je lui ai présenté une bonne partie de mes ami(e)s, métalleux ou non, et l'ai emmenée passer deux week-ends à la ferme équestre de ma petite soeur et quelques jours à Saint-Malo chez mon pote Thierry. Elle me parlait parfois de son pays et de sa famille qui semblaient bien lui manquer, et je lui faisais mes confidences avec toute la confiance qu'on accorde à une amie puisqu'elle m'avait déclaré elle-même que nous étions amies pour la vie. Comme elle avait besoin d'une attestation de résidence pour la Préfecture afin de pouvoir rester en France au début de l'année universitaire, je n'avais pas hésité à  lui en faire une attestant que je l'hébergeais non seulement pour l'année universitaire mais pour toute la durée de ses études si nécessaire.

Il y avait cependant quelques ombres au tableau : L... avait parfois l'air préoccupé et dans ce cas faisait des réflexions pas toujours très agréables à entendre genre qu'elle en avait marre de la France et que les bars de Rennes étaient pleins de ragots (pour les ragots, elle n'avait pas vraiment tort, c'est vrai qu'une poignée de crétins empoisonnent le milieu metal rennais avec leurs histoires à dormir debout). L... entendait qu'on respecte sa vie privée et se disait discrète : en fait elle était secrète et cachottière à un point inimaginable au point que ça en devenait ridicule. De plus elle fréquentait des gens qui m'avaient fait beaucoup de mal, soi-disant en restant neutre car elle n'aimait pas les histoires... Je n'admets que des gens qui se prétendent mes amis fréquentent mes ennemis que s'ils veulent essayer de nous réconcilier. Il y a vraiment des cas où on ne peut pas être neutre, même sans s'en mêler. 

Quelques incidents auraient dû me mettre la puce à l'oreille... 

J'ai toujours dit que L... était ma colocataire, pour éviter qu'elle se sente mal à l'aise. En réalité je l'hébergeais et je ne regrette pas de l'avoir fait. Je n'ai simplement rien compris à son attitude. Alors qu'elle pouvait tranquillement finir ses études à la maison avec quelqu'un qui l'y aidait par amitié sincère et qu'elle n'avait pratiquement aucuns frais (il est vrai qu'elle n'avait pas d'argent non plus, je n'avais pas les moyens en plus de lui donner de l'argent de poche !...), ce que tout étudiant dans sa situation aurait apprécié, elle passait une partie de son temps à se balader à droite à gauche et s'absentait de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps, ne disant jamais où elle allait, elle qui prétendait ne connaître personne à son arrivée en France. Cela m'aurait été égal si elle avait eu la correction de me dire combien de temps elle s'absentait lors de ses séjours prolongés ailleurs et quand elle rentrait, ce qu'elle ne faisait pratiquement jamais. Parfois, elle me donnait une date et rentrait quelques jours plus tard, sans me prévenir et sans s'excuser, ce qui pouvait s'avérer gênant si un(e) ami(e) avait voulu venir passer deux ou trois jours à la maison. Entendons-nous bien : je n'ai jamais joué les juges d'instruction avec L... pour savoir où elle se trouvait, j'ai bien assez de ma vie à gérer sans m'occuper de celle des autres, mais il est vrai que je l'aimais bien et que je m'inquiétais quand je ne la voyais pas rentrer au jour qu'elle m'avait désigné. J'ai bien tenté de le lui faire comprendre mais pratiquement sans résultats. Elle prenait vraiment la maison pour un hôtel gratuit.

Un samedi, nous devions nous rendre à la ferme équestre de ma petite soeur qui nous avait invitées pour le week-end et avait préparé à manger exprès. Personnellement, lorsque je suis invitée quelque part, j'ai toujours peur de rater le coche et la veille je me couche de bonne heure pour être sûre de ne pas manquer mon train le lendemain. Ce vendredi soir, L... préféra sortir et passer la nuit chez Carole, une de nos amies communes, mais évidemment sans m'en avertir, ce qui fait que le lendemain matin, voyant qu'elle n'était pas rentrée, je commençai à m'inquiéter, d'autant plus que je sentais venir un malaise dû en partie à l'énervement et en partie au fait que je suis sujette à un manque de fer dans le sang qui me laisse parfois épuisée. A onze heures du matin, toujours personne et pas un texto de sa part, alors que nous devions quitter la maison vers midi pour prendre notre train. Je téléphonai donc à ma soeur. Je me sentais de plus en plus mal, prise de vertiges et de palpitations. Je lui expliquai que dans ces conditions il m'était difficile de venir, et que de toute façon je ne savais pas où se trouvait L.... Ma soeur Servane et moi sommes très proches et s'il y a bien quelque chose qui la met hors d'elle, c'est qu'on fasse du mal à sa trop gentille (selon elle) grande soeur. Elle appela donc L... et lui dit sa façon de penser, à savoir qu'il était très impoli de se comporter comme elle le faisait quand on était invité chez les gens. Quelques minutes plus tard, Carole m'appelait pour me dire que L... avait bien l'intention de venir et était prête à partir de chez elle, qu'elle m'avait envoyé un texto (que je n'ai jamais reçu), et qu'elle était très mal par rapport au coup de fil de ma soeur qui, il est vrai, ne mâche pas ses mots quand elle a quelque chose à dire. Je lui répondis que de toute façon je ne pouvais pas me déplacer ce jour-là et que L... pouvait rester chez elle pour la journée si elle le voulait. Carole admit que si L... ne m'avait pas envoyé ce message (que je n'avais pas reçu mais elle m'affirma qu'il était bel et bien parti), son attitude était incorrecte à l'égard de ma soeur et à mon égard. Je lui laissai donc le bénéfice du doute.

L... et moi nous rendîmes par la suite deux autres week-ends chez Servane.

La première fois, ma petite soeur n'était pas là mais je connais la maison et fis visiter les alentours à L.... Nous fîmes un kilomètre et demi à pied pour nous rendre de la gare à la ferme perdue en pleine nature et quatre kilomètes à pied pour nous rendre chez des amis de Servane et moi. L... apprécia beaucoup la beauté des paysages et la gentillesse de nos amis ainsi que les animaux de la ferme. Le soir, épuisée, elle s'endormit comme une masse. Il faut dire qu'elle était sortie la veille et qu'elle n'avait pas tout à fait décuité, alors c'était dur, surtout de monter les côtes de ce pays très vallonné... ^^  

La seconde fois, Servane se trouvait là et nous accueillit très bien, le sourire de L... lui faisant oublier ses griefs à son encontre. L... partit faire un tour à cheval avec Angélique, une des charmantes stagiaires de Servane. Je savais cependant que ma soeur, beaucoup plus méfiante que moi, restait sur la défensive... 

J'emmenai également L... à Saint-Malo chez mon ami Thierry (Victor Rimbaudelaine, son nom d'artiste, dans la colonne de ce blog) que je considère comme un frangin et qui est une des personnes les plus gentilles qu'il m'ait été donné de rencontrer. Evidemment, il nous reçut avec toute la générosité dont il est capable. Le premier soir, mon amie Samira (qui dirige intra-muros avec Michel, son mari, le magasin "Le Chat Bleu") vint dîner avec nous. Ce fut très gai et convivial. L'après-midi, nous étions allées voir Michel au magasin, L... et moi, où j'avais fait cadeau à L... d'une bague triskell en argent en souvenir de sa venue en Bretagne. Je ne la lui ai jamais vue porter depuis... Le lendemain, j'étais un peu vasouillarde pour avoir bu un peu trop de vin (c'est-à-dire environ trois verres, ce qui pour moi est largement suffisant pour que j'aie la tête qui tourne). Pour me remettre les idées en place, nous allâmes nous balader à pied intra-muros tous les trois : Thierry, L... et moi ; ça fait une trotte quand on sait que Thierry habite tout près de la gare. Nous fîmes le tour des remparts. Le soir, je n'eus aucun besoin de berceuse, d'autant plus que de charmants voisins de Thierry étaient venus dîner avec nous et bien que n'ayant pas rebu d'alcool, j'étais épuisée. ^^

Thierry dormait dans sa chambre et nous avait installées toutes les deux sur le canapé dans la salle de séjour. Quand je dors avec quelqu'un, j'ai tendance à me mettre tout au bord du lit quitte à en dégringoler ^^ de peur de le gêner. Le lendemain matin, après avoir dormi toute la nuit d'un sommeil de plomb, je m'éveillai exactement à la même place et dans la même position que la veille et constatai que L... n'était plus là. Tout était tranquille dans la maison et je ne la trouvai nulle part. La porte de la chambre de Thierry était fermée. Je pris une douche et m'habillai. Lorsque je sortis de la salle de bains, je trouvai L... et Thierry dans la cuisine en train de prendre leur petit déjeuner. L... ne répondit pas à mon bonjour et me demanda d'un ton très peu aimable :

" - ça n'allait pas hier soir ? Tu n'as pas arrêté de bouger et tu me donnais des coups de pied. Alors je suis allée dormir avec Thierry.

- Je vais très bien et je ne me souviens de rien. J'ai dormi comme une souche. "

Thierry semblait perplexe.

" - Ben oui, Muriel, au milieu de la nuit, j'ai été très surpris de voir L... entrer dans ma chambre pour me demander si elle pouvait dormir avec moi. "

Je pensai qu'il y avait pire comme surprise, car L... est une ravissante jeune femme de 24 ans (23 à ce moment-là). Pour ceux qui se poseraient la question, Thierry est vraiment un de mes meilleurs amis et il n'y a aucune équivoque entre nous. J'ai déjà dormi avec lui car il a un très grand respect des femmes et j'ai toute confiance en lui. Cependant, je n'aurais jamais osé me glisser dans le lit d'un homme, si gentil et de confiance soit-il, qu'on m'aurait présenté la veille. Et surtout je n'aimais pas du tout le ton que prenait L... pour me parler, alors je décidai de sortir faire un tour seule au festival "Les étonnants voyageurs", où je rencontrai Morgoth et Isilfea. Thierry était tout décontenancé car il était en train de préparer le repas lorsque je poussai la porte d'entrée. Je ne revins qu'à 15h et bien entendu avec sa gentillesse habituelle il m'avait gardé ma part au chaud. Quant à moi, j'avais pris une carte en souvenir pour lui et L.... Tout rentrait dans l'ordre mais cet épisode me laissa une sensation de malaise. Je trouvai L... un peu trop effrontée pour mon goût, et je n'étais pas au bout de mes peines...  

Quelques semaines plus tard, L... partit passer deux jours chez Thierry et y resta une semaine entière. J'en conclus qu'ils s'entendaient bien, ce qui me fit plaisir car lorsque je présente mes amis les uns aux autres c'est dans ce but :)

Peu de temps après, L... se rendit deux jours chez une amie espagnole à Dinard qui l'avait invitée à son anniversaire. A entendre L..., ce n'étaient pas les ami(e)s espagnol(e)s qui lui manquaient, seulement ils étaient comme l'Arlésienne, c'est-à-dire qu'on en parlait toujours mais qu'on ne les voyait jamais... ^^ Alors que j'avais à coeur de présenter L... à tout mon entourage afin qu'elle se sente chez elle, elle gardait un mystère total au sujet de ses amis comme si elle n'avait pas voulu qu'on se rencontre. Ce n'est pas qu'ils m'intéressaient particulièrement mais j'éprouvais parfois la sensation désagréable que peut-être elle avait honte de moi. Evidemment, elle me disait que non mais qu'elle préférait être discrète sur sa vie privée. Je me sentais un peu blessée par ce que j'interprétais comme un manque de confiance et ma soeur Servane se demandait si elle ne se servait pas tout simplement de moi en me faisant compter pour du beurre.

Ce soir-là, L... m'envoya un texto pour me dire qu'elle resterait quelques jours de plus que prévu chez son amie, mais du portable de Thierry. Je pensai donc que mon pote était invité à la fête et répondis à L... de lui faire la bibise de ma part et qu'ils s'amusent tous bien. Elle réagit comme si elle était en faute, ce que je trouvai un peu ridicule. En fait, Thierry me raconta plus tard qu'il n'avait pas plus que moi vu l'Arlésienne... pardon l'Espagnole ^^ car elle devait faire une course à un endroit où elle ne pouvait pas emmener L... et l'avait déposée chez lui en attendant. Thierry lui offrit l'apéro et la fameuse amie espagnole ne daigna pas monter lui dire bonsoir mais klaxonna devant chez lui qui habite au premier étage d'un immeuble pour prévenir L... de descendre la rejoindre : beau sans-gêne, surtout que Thierry n'a jamais mangé personne... ^^ 

L... était à part cela d'une nature gaie et de compagnie très agréable. Seulement mademoiselle avait du mal à supporter mes états d'âme comme la tristesse ou la colère (jamais dirigée contre elle, sauf quand elle semblait mettre ma parole en doute, ce que je ne supporte pas). Me voir traiter de connasses des pétasses qui m'agressaient sur certains forums l'agaçait prodigieusement et elle avait tendance à se sentir visée alors qu'elle n'était pas concernée. Il est vrai que ça me contrariait de la voir copine avec la bande de pieds nickelés qui m'avait envoyée à l'hôpital (c'est une autre histoire que je vous raconterai plus tard et que je détaille dans le bouquin que j'écris en ce moment), mais j'avais suffisamment confiance en elle pour penser qu'elle ne se laisserait pas influencer : je ne suis pas sûre aujourd'hui d'avoir eu raison.

Parfois, elle m'empruntait mon portable quand elle n'avait plus de forfait sur le sien afin d'envoyer des textos, me recommandant bien de ne pas les lire, ce qui était un peu vexant pour moi car çe ne me serait même pas venu à l'esprit et je lui dis qu'elle n'avait qu'à les effacer au fur et à mesure. Elle en avait plus que marre des ragots de certains au Troll farceur (bar rennais) et ne comprenait pas comment on pouvait affirmer à tout va qu'elle était sortie avec Yvan alors qu'ils n'étaient qu'amis et encore !... L... se définissait elle-même comme ingrate, disant que les gens elle s'en foutait et qu'elle ne s'y attachait pas, mais que bien entendu ce n'était pas pareil pour moi. Un jour que je faisais le ménage sur mon portable, je fus un peu surprise de voir que j'avais récemment écrit à Yvan avec qui je n'ai plus de contacts depuis longtemps "bonsoir mon petit lapin, tu me manques"... jusqu'à ce que je reconnaisse avec soulagement le style de L... dans la suite du message. ^^ J'aimais beaucoup Yvan, un peu comme un petit frère, mais n'avais jamais eu avec lui ce type de familiarité. ^^

L... semblait parfois un peu triste et préoccupée et à l'approche de Noël elle me confia qu'elle regrettait de ne pas être en Colombie à cette époque. Evidemment Servane et moi ne pouvions pas remplacer sa famille mais nous décidâmes quand même de l'inviter à passer Noël à la ferme équestre. Elle répondit qu'elle accepterait si elle n'avait pas d'autres projets. Quinze jours environ avant, au tout début décembre, elle me dit qu'elle avait l'opportunité de partir quelques semaines voire quelques mois faire un stage à Barcelone en Espagne où elle pourrait apprendre le catalan qui est différent de l'espagnol. Elle me demanda si je voulais bien garder son courrier en attendant son retour, évidemment j'acceptai en lui faisant remarquer qu'elle abandonnait ses études au beau milieu de l'année universitaire, mais elle me dit qu'elle était invitée par des amis espagnols qui avaient une maison là-bas et que cette opportunité ne se représenterait peut-être pas. Je ne la vis presque pas les deux ou trois jours qui précédèrent son départ. Il semble qu'elle passa son temps avec des gens que pourtant elle était censée connaître à peine. L'amie espingouine... pardon espagnole ^^ qui venait la chercher pour prendre le train un dimanche matin ne klaxonna pas cette fois (il est vrai que j'habite au treizième étage d'une tour de quinze) mais l'appela sur son portable et elle se précipita au dehors avec ses valises après m'avoir tout juste dit au revoir. Comme si je n'étais pas assez perplexe, des amis vinrent me voir le jour même et me dirent que je n'aurais pas dû la laisser partir, que ça pouvait être dangereux pour elle... Ils réussirent à me faire peur tant et si bien que j'envoyai à L... ce message insensé lui disant que ses amis en plus d'être des gens incorrects pouvaient très bien être dangereux... Evidemment, elle bouda un moment suite à cet incident.

Je reçus donc son courrier pendant les quatre mois où elle fut absente. Un jour arriva une lettre avec la mention "très urgent". Je lui en fis part par texto et elle m'appela en me disant d'envoyer son courrier à un hôtel non loin de Grenoble où son amie espagnole allait séjourner quelque temps hors d'Espagne. Elle lui remettrait donc son courrier en rentrant là-bas, car évidemment L... ne bougeait pas d'Espagne où il faisait un temps magnifique et où la vie était idyllique, bien meilleure qu'ici, réflexion qui ne manqua pas de m'agacer. J'envoyai donc le courrier à l'hôtel en lettre suivie afin d'être bien sûre que L... l'ait vite : je ne fais jamais les choses à moitié. La lettre partie, je m'aperçus que je n'avais pas demandé à L... le nom de son amie qui se rendait à l'hôtel. J'essayai de l'appeler et de lui envoyer un texto en vain et finis par appeler l'hôtel pour leur faire part du problème. J'eus une charmante dame au bout du fil. Voici notre conversation presque mot pour mot (j'aime autant vous prévenir que ça devient du théâtre de boulevard) :

Moi : Bonjour Madame, excusez-moi de vous déranger mais je suis un peu ennuyée. Je viens d'envoyer une lettre suivie à votre hôtel pour une personne qui doit faire un court séjour chez vous mais dont je ne connais pas le nom, et qu'elle doit ensuite remettre à une amie restée en Espagne.

Elle : J'aimerais vous aider mais si vous ne connaissez pas son nom, on va être obligé d'ouvrir la lettre.

Moi : N'en faites rien. Mon adresse est sur l'enveloppe. Je vous donne mes coordonnées. La personne vous réclamera certainement ce courrier.

Elle : D'accord. ça nous aiderait peut-être si vous nous disiez le nom de votre amie restée en Espagne à qui elle est destinée.

Moi : Mademoiselle L... M....

Elle : Ah ! C'est pour L... ! Il fallait le dire tout de suite. Ne vous inquiétez pas : on lui remettra votre courrier.

Moi (après un léger moment de flottement pendant lequel je me demande si je ne suis pas partie dans la quatrième dimension) : Merci beaucoup Madame, vous êtes très aimable.

Peu de temps avant, un ami m'avait fait croire qu'il était au Brésil alors qu'il faisait la saison dans un hôtel mais j'avais compris ses raisons quand il me les avait expliquées et n'avais pas été trop surprise ni fâchée : ça m'avait même plutôt amusée ; il paraît que je suis de bonne composition... ^^ Après le Brésil pour lui, l'Espagne pour L....

On prend à tort les gens naïfs pour des imbéciles, alors que la naïveté n'a rien à voir avec l'intelligence. C'est un trait de caractère comme un autre : on naît avec et on le garde toute sa vie, quelles que soient les expériences qu'on traverse... La naïveté est généralement le signe d'un caractère sincère, loyal et généreux : on juge toujours d'après soi et la personne naïve ne pouvant imaginer le raisonnement de certains esprits tordus est incapable d'anticiper leurs réactions et leurs manigances et se fait naturellement avoir.

En raccrochant mon téléphone ce jour-là, je me dis que peut-être L... est connue dans cet hôtel tout simplement parce qu'elle y a séjourné avec ses amis avant de rejoindre l'Espagne. J'envoie à L... un texto pour lui demander si tout va bien et quand elle compte rentrer. J'ai gardé sa réponse car elle m'a émue :

" J sais pas encore, mais t inquiet pas j pense à toi car t es ma mère francaise. ici il fait chaud et l solei est toujour magnifique. j t aime bien... Gros Bisou "

Peu de temps après, je reçois du courrier pour L... dont une lettre venant de Nice. La fenêtre contenant l'adresse est un peu grande et on y voit d'autres renseignements, par exemple que son contenu est un bulletin de salaire. Je me dis que peut-être L... a travaillé une partie du temps qu'elle a été absente et que le reste du temps elle était bien en Espagne, ce qui a le don de mettre en colère ma petite soeur beaucoup plus réaliste que moi et qui croit beaucoup moins en la bonté des gens. Lorsque je lui en parle, elle explose :

" - Muriel ! Mais bon sang tu ne changeras jamais ! Si L... tenait à toi autant qu'elle le dit, elle aurait pu être polie et t'envoyer au moins une carte pour Noël et le Jour de l'An, pour nous remercier de l'avoir invitée, de même qu'à Thierry qui l'a quand même reçue huit jours chez lui. Je veux bien que les règles de politesse soient différentes d'un pays à l'autre mais tout de même je pense qu'il existe un minimum dans le monde entier. De plus elle te ment car je crois tout simplement qu'elle est allée faire la saison dans cet hôtel et qu'elle ne voulait pas te le dire. Et puis c'est sûr qu'en Espagne de décembre à avril le temps est plus ensoleillé qu'ici, mais du côté de Barcelone ce n'est tout de même pas l'été. De plus n'oublie pas que des gens t'ont insultée à cause d'elle, anonymement mais c'est toujours la même bande, sur le forum dont tu m'as parlé.

- Elle n'y est pour rien. Ce sont des gens jaloux, c'est tout.

- Elle t'avait demandé de ne pas dire qu'elle avait quitté Rennes et était en Espagne, et pour cause ! Seulement il semble que tout le monde soit au courant. Comment ? Tu n'en as pas parlé et votre amie Carole non plus alors que vous étiez censées être les seules à le savoir, alors comment se fait-il que tout le monde le sache ? "

Là, elle marque un point ma petite soeur. Au moment du Metal Breizh Fest, à deux reprises des gens mal intentionnés avaient posté anonymement les amabilités suivantes en énormes caractères sur Metal Fédération qui est un excellent forum de metal (heureusement que les admins se sont tout de suite fâchés, ont effacé les posts injurieux et ont vertement envoyer balader les fauteurs de troubles) :

" FESTIVAL DE MERDE ! TA GUEULE VIEILLE FOLLE (c'est moi, sans vanité aucune) ! LA PETITE EST PARTIE ÉVIDEMMENT ! PERSONNE NE VEUT VIVRE AVEC TOI, ESPÈCE DE NYMPHOMANE PÉDOPHILLIQUE ! "

J'ai pleuré en lisant ces horreurs. Comment peut-on se prétendre métalleux et traiter de la sorte un festival destiné à promouvoir la scène locale ? J'ai le plaisir d'ailleurs de vous annoncer que ce festival a été un grand succès et que nous le renouvelons l'année prochaine en espérant qu'il deviendra annuel, surtout pour les groupes qui ont beaucoup de talent et peu ou pas de dates ;-) Quant à ma vie privée, ma description sur ma page myspace est sincère et pas du tout destinée à me donner un genre : voilà bien longtemps que je n'ai plus de vie sexuelle suite à un traumatisme et d'ailleurs je n'aime que les hommes virils et protecteurs ^^ et n'ai jamais été attirée par les femmes. Je défie qui que ce soit d'oser dire qu'il est sorti avec moi : en tout cas ce n'est jamais arrivé dans le milieu metal, sauf un baiser échangé avec Simon et qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive chez les ragoteurs de tout poil...

Toujours est-il qu'une fois encore je n'écoute pas ma petite soeur et que trois semaines après le texto envoyé par L... elle revient habiter à la maison. J'ai décidé de respecter ses secrets. Je me dis qu'elle est loin de son pays et de sa famille et qu'elle doit se protéger. Servane ne décolère pas à ce sujet, et une fois de plus elle a raison. 

Tout se passe pour le mieux cette fois, L... ayant même perdu cette habitude d'interpréter mal certaines de mes paroles. L'appartement résonne de son rire. Elle aime mes chats, surtout Damoiseau, et parle toujours de Pirate, un des chats de Servane, qui avait dormi avec elle lorsque nous avions séjourné à la ferme.

Entre-temps, j'ai reçu quelques jours Gaëlle qui avait eu des problèmes suite à une intrusion chez elle de son propriétaire. Elle est ma filleule sur ce blog sous le pseudo de Dead Puny Angel. Elle vit maintenant à Lyon avec son ami Benjamin ;-) Elle doit passer quelque temps à Rennes début août et viendra bien sûr me voir à mon retour du Wacken.

Gwen est venu dormir à la maison le soir du concert de Napalm Death. Il est vraiment sympa. L... l'a accompagné mais pas moi car je suis trop juste financièrement. L... me fait la réflexion que je reçois n'importe qui chez moi sans connaître les gens : ben oui, heureusement pour elle...

Mon ami et frère du metal Tony (Yroenn sur les blogs et forums) m'a fait la surprise de venir me voir un après-midi. Au début, L... discute avec nous puis part dans la chambre d'où elle ne ressortira pas jusqu'à ce que Tony vienne lui dire au revoir. Elle serait contrariée d'avoir été interrompue au milieu d'une phrase, ce qui est possible dans le feu de la discussion. Elle est vraiment imprévisible... 

Le lendemain, elle m'annonce qu'elle part quelques jours chez une amie : voilà la bougeotte qui la reprend ! ça m'agace ces allées et venues : la maison n'est pas un hall de gare...

J'attends que François du journal Metallian nous envoie nos billets pour le Wacken. La réservation est sold out depuis le 15 mars et je lui ai demandé s'il ne pouvait pas me mettre un billet de côté que je paierai plus tard. Il a accepté parce que c'est moi et me fait le ticket à 100 Euros alors que Metallian le vend normalement 115 Euros. L... m'a alors demandé s'il ne pouvait pas mettre un deuxième billet de côté : il tique un peu, ce qui se comprend, mais accepte à condition qu'on envoie le paiement de suite car deux billets ce n'est pas la même chose qu'un et il ne connaît pas L... qui ne fait aucune difficulté à envoyer le chèque. François m'envoie un mail me disant qu'il l'a bien reçu mais que le tarif de 100 Euros n'est valable que pour moi. L... n'étant pas là, je lui envoie les 15 Euros qui restent de ma poche, comme ça je n'aurai plus que 85 Euros à rembourser à L... pour mon billet.

J'ai changé d'opérateur : je ne suis plus chez Alice où je n'avais que des problèmes mais chez Numericable où tout va bien, sauf que j'ai demandé lorsque j'ai pris l'abonnement si le Texas et la Colombie étaient bien compris dans la téléphonie illimitée. On me répond par l'affirmative. Malheureusement, c'est une erreur et si c'est exact pour le Texas ça ne l'est pas pour la Colombie et ma note de téléphone est de 191,28 Euros dont 126,72 Euros pour la Colombie. Je panique car la somme a déjà été prélevée et je ne vais pas avoir assez d'argent pour payer le loyer. J'appelle donc L... pour lui expliquer la situation et elle m'envoie un chèque de 80 Euros car dans mon affolement je n'ai pas été capable de lui dire le prix exact des communications pour la Colombie. Je lui envoie un texto pour le lui expliquer. C'est qu'elle n'est pas contente : elle n'avait pas prévu ça... comme si je l'avais prévu, moi !... Ce n'est la faute de personne. L'opérateur à qui j'ai adressé une réclamation m'a depuis fait cadeau d'un mois d'abonnement, mais l'abonnement n'est que de 29,90 Euros. Peu importe : je dispense L... de payer le reste de ses communications pour la Colombie car je ne veux pas me disputer avec quelqu'un pour une question de fric. L'essentiel est que je m'en sorte et c'est le cas bien que ce soit de justesse quand même. Je suis déçue : je n'ai jamais demandé un centime à L... et pour une fois que j'ai besoin d'elle elle est furieuse et va même jusqu'à me demander la note de téléphone comme justificatif. Elle me rend visite et je la lui montre évidemment. Elle me dit chercher du travail, n'avoir pas d'argent. Elle ne comprend pas pourquoi à l'école privée où elle a payé très cher son année on n'a pas voulu la reprendre après ses quatre mois d'escapade et qu'elle doive redoubler !!!...

Elle ne répond pas au texto que je lui envoie pour lui souhaiter son anniversaire, 24 ans le 14 juin.

Lorsque je reçois nos billets pour le Wacken, j'envoie à L... le texto suivant :

" Salut L.... Je viens de recevoir nos billets pour le Wacken. Bisous. Muriel "

Sa réponse est pour le moins surprenante :

" Et comment tu savait q cetait les billet ? apparament c etait un courrier pour moi..."

Je réponds sans m'énerver :

" Les billets ont été expédiés à mon nom en recommandé. "

Elle s'imaginait parce que c'était elle qui avait fait le chèque qu'elle allait recevoir les billets. Elle les aurait revendus tous les deux plus cher qu'elle ne les avait payés pour se faire du fric, et peu importe si je n'allais pas au Wacken... Belle ingratitude ! Quant à François de Metallian, ce n'était plus la peine que je lui demande quoi que ce soit après ça...

Quelques jours passent... Servane me presse d'en finir. Un dimanche qu'Etienne, l'acteur principal de ma pièce "La visite de l'Ankou" et un de mes vrais amis avec qui je vais aux ateliers des Compagnons Bâtisseurs, est en train de rénover ma salle de séjour, je reçois ce texto de L... :

" Bonjour Muriel, tu peux mettre un mot sur le forum (elle parle de Metal Fédération, La Guilde du Metal et Imm3moria), par appor à 1 billet, 150e. J ai une amie a moi qui va sur Heavyouest (je précise que c'est le forum où on m'a tant dénigrée et insultée), elle va les mettre aussi. "

Elle sait très bien que je trouve malhonnête de revendre plus cher un billet qu'on ne l'a acheté et que je me bats contre ce genre de procédé. Cette fois, c'en est trop ! Je réponds et à partir de là il va s'instaurer ce dialogue surréaliste par textos interposés :

Moi : Bonjour L.... J'aime les choses claires et nettes. Viens chez moi chercher ton courrier et ton billet à partir de demain et ramène-moi ma clé. Préviens-moi avant pour que je sois là.

Elle : Bien sûr j'irai chercher les billet et votre clefs, n vous inquietez pas, arretez votre paranoia, ce q j fais avec mes affaires n vous concerne pas, si vous pensiez q j etais pas au courant q vous avez appelé a lhotel d les Alpes pour me demander, c est une erreur, vous etes vraiment parano et si j vend l billet c parce q j ai pas d argent pour y aller. J vais fair changer l adress aussi, j sais q j ai d courrier.

Moi : Sois polie quand tu me parles, L..., je n'ai rien à me reprocher. C'est toi qui as exagéré. Tu ferais mieux de te méfier de ton entourage. J'ai reçu un appel anonyme pour l'hôtel et j'ai juste voulu vérifier avant de t'en parler. Je te paierai mon billet. Muriel

Elle : Menteuse... Vous me prenez pour une conne ? La receptionniste c'est une bonne amie a moi on se parle presq tous l jours, elle a jamais appelé personne, et j repond plus.

Moi : Ce n'est pas quelqu'un de l'hôtel. C'est toi qui m'as prise pour une conne. Tu t'es moquée de moi et tu n'as aucun remords. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi mauvaise foi. Et arrête de m'insulter ou tu vas le regretter. Voilà comment je suis payée de ma gentillesse.

Pour la compréhension de cette conversation par portables interposés, j'avais reçu un appel quelques jours avant : une très jeune femme à la voix toute timide et apparemment peu rassurée, une voix que je suis sûre d'avoir entendue même si je n'arrive pas à l'identifier :

" - Muriel ? On ne se connaît pas mais je t'ai déjà vue et je lis ton blog et ton myspace. Je t'aime bien, moi, je ne veux pas qu'on se moque de toi. Ne fais pas confiance à L... : elle rigole bien de toi avec les autres.

- Quels autres ? Qui es-tu ?

- Peu importe. S'ils savaient je me ferais tuer. 

- Tu es métalleuse ?... Goth peut-être ? On s'est vues dans un bar ?

- L... n'est jamais allée en Espagne mais faisait la saison dans un hôtel et... Je dois raccrocher. "

Et en effet elle raccrocha précipitamment comme si quelqu'un ou quelque chose l'avait interrompue...

Quoi qu'il en soit, ce dimanche-là Etienne me trouve songeuse et me demande ce qui ne va pas. Je lui raconte, le coeur bien lourd. Il paraît aussi triste qu'en colère.

" - Je n'aime pas ces gens-là, Muriel, ce sont de vrais crimes contre l'amour, à te dégoûter d'aider d'autres personnes... Ne te laisse pas faire. " 

Quelques jours passent encore. Un midi, L... me téléphone pour me dire qu'elle arrive. Je suis les conseils de ma petite soeur : je ne la fais pas entrer. C'est sur le palier qu'elle me remet mes clés et moi une lettre et son billet. Elle proteste qu'elle attendait deux lettres : je n'en ai reçu qu'une, et qu'il y avait deux billets : je garde le mien et le lui paierai plus tard, je suis plus honnête qu'elle. Elle bat en retraite dans l'escalier en criant que je n'étais pas une vraie amie. L'incompréhension dans son regard me fait mal : c'est toujours ainsi avec les gens cyniques, ils n'admettent pas que quelqu'un qu'ils prenaient pour une poire se révèle plus futé qu'ils ne le croyaient.

Peu de temps après, je revois au Barock Maxime, un garçon sympa rencontré au Troll du temps que j'y allais, qui parle espagnol. Il me demande si j'ai des nouvelles de L.... Sujet douloureux. Il m'explique qu'avant d'habiter chez moi elle a vécu un mois chez lui, qu'ils sont sortis ensemble et qu'ils devaient même prendre un appartement. Seulement il trouvait L... un peu trop envahissante et a rompu avec elle un jour qu'elle lui faisait une scène parce qu'elle pensait qu'il s'entendait un peu trop bien avec des copines à elle qu'elle lui avait présentées. Il ne semble pas surpris par ma mésaventure.

Le dernier message que j'ai reçu de L... est le suivant :

" Bonjour. J passe chercher mes valises que jai laissé dans la cave. "

En fait, il s'agit du grenier où j'entrepose les choses qui ne me servent pas dans l'immédiat. Je me souviens du jour où L... m'a aidée à y transporter un gros bric-à-brac après mon grand nettoyage de printemps. Elle passe en effet reprendre ses affaires et disparaît sans un mot. Je suis en train de faire mon lit dont j'ai mis les draps et les couvertures sur mon balcon pour les aérer. J'aperçois tout en bas L... et ses valises se dirigeant vers une petite voiture marron d'où émerge une jeune femme en robe dos nu qui l'aide à les ranger dans le coffre. Elles prennent bien leur temps avant de s'en aller. 

Je n'ai pas de haine. Je suis ainsi faite que par-delà les mauvais souvenirs lorsque je repense aux bons je suis incapable de faire du mal à quelqu'un que j'ai vraiment aimé. Je considérais réellement L... comme ma fille alors que je n'aime pas les gosses... allez comprendre !... Je repense à nos crises de fou rire quand je l'aidais à faire ses devoirs et à son charmant accent quand elle disait :

" - Mouriel, j'ai faim. On fait de la pourée ? " 

Vos commentaires

1 Le Jeudi 17 Juillet 2008 à 23:41 GMT+2, par Panthère

Qu'est-ce qui se passe ? (Une semaine après, gloups...)
Bisous...

2 Le Dimanche 20 Juillet 2008 à 20:09 GMT+2, par Yro

c'est triste mais on ne peut jamais se fier à personne...
enfin nous en avons déjà pas mal discuter donc je ne m'attarde pas en commentaire personnel

3 Le Lundi 21 Juillet 2008 à 22:32 GMT+2, par Panthère

J'attends la suite...

J'ai lu tes édits pour tes lettres de réclamation, c'est super :) J'espère que ces grands mots seront suivis d'effets ;)

Bisous plein !

4 Le Mercredi 23 Juillet 2008 à 15:00 GMT+2, par Hécate

Ce que je vais dire ne va pas te plaire, ma belle, je connais tes idées sur la question, mais n'efface pas mon commentaire. Je connais la fin de l'histoire, alors je dis que des gens pareils à cette profiteuse, retour à la frontière avec un coup de pompe quelque part, na !!!!!!

5 Le Vendredi 25 Juillet 2008 à 15:35 GMT+2, par Panthère

Cela commence à m'intriguer sérieusement... je me demande comment ça va finir :S

6 Le Dimanche 27 Juillet 2008 à 12:48 GMT+2, par Kaya

Merci Muriel, bel été ouais, plus ou moins ensoleillé. Mais au boulot on profite pas tellement du soleil de toute façons. Quoi qu'il en soit bon Wacken à toi, je doute qu'on se croisera vu le monde :-)

7 Le Dimanche 27 Juillet 2008 à 14:52 GMT+2, par laparhasard

juste passer te faire un coucou
j'ai lu avec attention ton long post.

8 Le Lundi 28 Juillet 2008 à 09:10 GMT+2, par Hécate

Ton coeur est un diamant à l'état brut, petite Mu. Tant pis pour les cons trop mesquins pour le voir.

9 Le Jeudi 14 Aout 2008 à 12:48 GMT+2, par Muriel

Merci à tous pour votre soutien. Le pire c'est que j'ai aperçu Liliana au Wacken : elle aura été calculatrice jusqu'au bout...

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Vous pouvez faire référence à votre publication en utilisant ce rétrolien

Commenter cet article

*


Pour être sûr... combien font 4 + 5 ? *

Se souvenir de moi


Les champs marqués d'un * sont obligatoires
Votre commentaire sera affiché en texte brut à l'exception des liens

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://panthere.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Voyages, rencontres et rêve