Tiens, voilà le facteur ! (hier et aujourd'hui...)
Paperasse administrative, ou comment se marrer en écrivant des lettres de réclamation ^^ Part two :D
Où est le temps où la Poste était un service public ? Lorsque j'étais enfant, nous habitions une petite maison entourée d'un jardin, mes grands-parents maternels, ma petite soeur Servane et moi. En ce temps-là, les ordinateurs étaient de la taille d'une maison, il fallait entrer à l'intérieur pour les faire fonctionner et on ne les trouvait que dans des centres de recherche scientifique. Le téléphone sans fil était encore de la science-fiction, les portables encore plus. Seuls les gens ayant de bons revenus avaient le téléphone à domicile et la plupart se contentaient des cabines téléphoniques et en ce qui nous concerne, uniquement en cas d'urgence, du téléphone de Monsieur Gall, le boucher, personnage haut en couleurs et ami de mon grand-père avec qui il faisait les quatre cents coups. Inutile de dire combien le facteur était attendu par tout le monde avec impatience chaque matin dans notre quartier. Quand il faisait chaud, on lui offrait une bolée de cidre et quand il faisait froid un bon café. Il ne restait chez nous que quelques minutes car comme il le disait "il n'avait pas fini sa tournée et elle n'allait pas se faire toute seule". Evidemment, il nous remettait notre courrier ordinaire en même temps que nos recommandés avant de renfourcher sa bicyclette : "à cheval sur son vélo, à côté quand ça monte trop", disait la chanson :D
Autres temps, autres moeurs... *soupir*.
J'habite maintenant dans le ciel de Rennes, au treizième étage d'une tour de quinze dans le quartier populaire et cosmopolite de Villejean. Bien qu'il y ait deux ascenseurs pour accéder dans les étages, un pour les étages pairs et un pour les étages impairs, certains facteurs refusent d'y monter et appellent les habitants de la tour à l'interphone pour leur demander de venir prendre leurs recommandés. Quand ils se décident cependant à les monter, ils laissent le courrier ordinaire dans les boîtes... La dernière fois qu'un facteur m'a demandé de descendre prendre une lettre recommandée il y a quelques mois, j'ai refusé tout net car j'avais la grippe avec 39,5 de fièvre. C'est qu'il nétait pas content, le môssieur ! Tant pis pour lui : il n'a pas eu le pourboire de 1 Euro que je ne manque jamais de donner pour un recommandé (même non désiré ^^), allant jusqu'à 2 Euros quand il s'agit d'un colis, surtout s'il est imposant.
Tout récemment, il m'est arrivé une mésaventure rapport à la distribution d'un envoi recommandé (celui de deux billets pour le Wacken que j'attendais avec l'impatience qu'on devine), alors j'ai fait parvenir aux services concernés la lettre de réclamation suivante :
Madame, Monsieur,
Vendredi dernier 27 juin 2008 en début d'après-midi, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un avis de passage du facteur m'affirmant qu'il s'était présenté le jour même à mon domicile pour me remettre un envoi recommandé, mais qu'il n'avait pas pu le faire parce que j'étais absente. Je peux vous affirmer que ce matin-là je n'ai pas bougé de chez moi, ne sortant que vers 13h40, et que si quelqu'un avait réellement sonné à ma porte je l'aurais forcément entendu. Ce n'est pas la première fois que ça arrive et beaucoup de gens se plaignent souvent à vos guichets que le facteur prétend être passé alors qu'il ne l'a pas fait, ce qui est parfaitement inadmissible.
Une autre fois, alors que j'étais souffrante, un des facteurs a sonné à mon interphone pour me demander de descendre de mon treizième étage jusqu'au rez-de-chaussée pour prendre le recommandé qu'il avait à me remettre car il n'avait pas envie de monter dans les étages, bien qu'il y ait évidemment des ascenseurs dans ma tour qui compte quinze étages.
Où est le temps où la Poste était un service public ? Tant de gens cherchent du travail et n'en trouvent pas... Ceux qui ont la chance d'en avoir un pourraient au moins le faire correctement.
Le plus agaçant est de penser que ce genre d'incident n'arrive certainement pas dans les beaux quartiers beaucoup mieux desservis où les mémés friquées qui n'ont que ça à faire déclencheraient un vrai scandale à chaque fois : il faut bien qu'elles s'occupent, ces braves dames...
Et ce n'est pas tout : le lendemain de cet incident donc, 28 juin, qui était un samedi, j'ai dû faire l'effort de me présenter le matin à vos guichets pour retirer mon envoi recommandé puisque vos bureaux sont fermés le samedi après-midi... En pure perte puisque ce 28 juin mon courrier n'était pas là comme spécifié sur l'avis de passage, ce qui là encore est tout à fait anormal.
J'ai donc déposé une réclamation aux guichets de la poste de Rennes-Villejean (dont copie jointe), où j'ai enfin pu récupérer mon envoi recommandé le lundi 30 juin, soit trois jours après l'avis de passage : il ne faut vraiment pas être pressé et heureusement que ce courrier ne présentait pas un caractère d'urgence.
Mon but premier n'est cependant pas de créer des problèmes à certaines personnes dans leur travail mais plutôt de les amener à revoir leur attitude afin de mieux le gérer par une meilleure organisation. Je veux bien admettre que certaines conditions de travail ne sont pas toujours des plus faciles mais ce n'est pas aux usagers d'en payer les conséquences.
Comptant sur vous pour faire le nécessaire dans ce sens,
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.
Muriel LEFEBVRE-APPEL
Je devais écrire cette lettre et les autres... Je pense sincèrement que si chacun d'entre nous à son niveau réagissait au quart de tour chaque fois que quelque chose n'allait pas, notre vie quotidienne s'en trouverait sensiblement améliorée.
Edit du dimanche 20 juillet 2008 : Réponse du Centre Courrier de Rennes Colombier :
Rennes, le 10 juillet 2008
Madame,
J'accuse réception de votre réclamation concernant un dysfonctionnement dans la distribution d'un courrier recommandé.
Tout d'abord, je vous présente mes excuses pour cet incident.
Afin de répondre à votre attente, j'ai aussitôt ouvert une enquête.
Le facteur déclare ne pas avoir souvenir de ce pli. Néanmoins un rappel lui a été fait afin qu'il sonne systématiquement chez tous les clients lors de la distribution de courriers recommandés.
En espérant que vous nous conserverez votre confiance, je vous prie de croire, Madame, en l'assurance de ma considération distinguée.
Pour le Directeur du Centre Courrier de Rennes Colombier,
A. BERTHELOT
Cette réponse me satisfait tout à fait :)
Moralité : Au lieu de râler par derrière et de pester contre l'Administration de notre beau pays, bougez-vous un peu, que diable !... ^^
Par Muriel la morgane, Vendredi 4 Juillet 2008 à 21:09 GMT+2 dans Ma rubrique (article, RSS)











